Pompidou en pleine synesthésie

beaubourg 1

Museum Live le 14 janvier au 5ème étage

Lors de cette soirée, le Centre Pompidou a fait le pari de réanimer l’espace  consacré aux avant-gardes. Pari admirablement réussi !

Pour se faire, il a accueilli la classe de Jazz et de musique improvisée du Conservatoire National Supérieur de danse et de musique de Paris. De plus le cours de dessin, orchestré par le collectif Dr Sketchy’s Anti Art School, a investi le Centre pour nous présenter une collection de modèles vivants, façonnés telles des œuvres d’art. Des intervenants professionnels, dont des conservateurs et des restaurateurs ont aussi été invités à transmettre leurs savoirs et leurs expériences. Des comédiennes ainsi que le groupe Art Session lui-même ont interprété des poésies du 20ème siècle en résonance avec des toiles.

Ce soir là, des œuvres  phares des avant-gardes ont vibré sous les cordes de la contrebasse. La musique a rencontré les couleurs des œuvres de Sonia Delaunay. Le jazz a éveillé le Grand Nu de Georges Braque. De très jeunes musiciens, en solo ou en groupe, se sont laissés porter par une œuvre choisie. Cette relation intime qui s’est nouée entre l’œuvre et les interprètes a donné naissance à une synesthésie de nos sens inédite. Nous étions plongés dans une redécouverte ultra sensorielle du Centre. Les œuvres respiraient en osmose avec le rythme de la musique et du souffle d’un public tantôt concentré, tantôt exalté.
Nous avons été hypnotisés par les peintures mouvantes de l’atelier éphémère proposé par le collectif Dr Sketchy’s. Des toiles des Delaunay et de Mondrian habillaient les corps de mannequins.  Les lignes de Mondrian épousaient les hanches des modèles. Les cercles des Delaunay se transformaient en d’épais colliers de boules.  Les arabesques s’étiraient dans l’espace jusqu’à former des jupes ventouse. Les tubes de peinture devenaient de chic petites sacoches. En pleine concentration, les élèves se sont plongés dans ces corps picturaux en les esquissant sur leurs carnets et pour certains sur leurs iPads.
Entre temps, des voix parcouraient les salles, des mots s’entrechoquaient et percutaient les œuvres. Quatre membres du groupe d’Art Session, dont moi-même, ont soutenu la lecture de La prose du transsibérien de Blaise Cendras. Me frayant un chemin dans la foule, j’ai à plusieurs reprises  déclamé « Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre? ». Tandis que dans une autre salle, Anne Consigny rendait hommage aux textes de Alain Jouffroy.

Beaubourg a pris ce soir là l’apparence d’une hétérotopie, dont le voyage s’est conclu sur un concert final réunissant tous les musiciens dans le forum.

Cet événement, même si voué à chaque fois à rester unique, aura à nouveau lieu le 24 mars pour vous proposer une programmation encore et toujours plus riche !

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Lila Torquéo

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Museum Live the 14th of January on the 5th floor of Pompidou

 During this evening, the Centre Georges Pompidou tried to give a second life to the spaces of the avant-gardes in the permanent exhibition. That was a tremendous success !

To do so, the Centre welcomed in its walls the Jazz and improvised music class of the Conservatoire National Supérieur de Danse et de Musique de Paris. Dr Sketchy’s Anti Art School also answered our invitation and came to propose a collection of living models dressed as art pieces. Professional speakers, like conservators or restorers, were also part of this event to share their knowledge and experience. Finally, actors and even members of our Art Session group read 20th century poetry in resonance with the paintings.

This night, the most famous art works of the avant-gardes vibrated with the double bass’ strings. The music met Sonia Delaunay’s colours. The jazz woken up Georges Braque’s Grand Nu. The very young musicians, in group or in solo, let themselves go with the chosen art works. This intimate relationship that was created between the works and the interprets gave birth to a unique synaesthesia of our senses. We were experiencing a very sensorial rediscovery of the Centre Georges Pompidou. The art works entered a symbiotic relationship with the music’s rythm and the breath of the public, which was sometimes in a deep concentration, sometimes extremely exalted.

We have been hypnotised by the the moving paintings of the Dr Sketchy’s workshop. Mondrian’s art works were perfectly dressing the hips of the models. The Delaunay’s circles were transformed into really thick balled necklaces. Fully concentrated, the participants were sketching the pictural models on their notebooks, or sometimes Ipads. Meanwhile, voices were crossing the rooms, words knocking each other and bumped the paintings. Four Art Session members, of whom I was part of, read the Prose du transsibérien de Blaise Cendrars. Wandering inside the crowd I recited « Dis Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? » several times, while Anne Consigny was paying homage to Alain Jouffroy’s texts in another room.

This night, Beaubourg dressed up as a heterotopia, which journey ended with a final concert uniting all the musicians in the forum.

Another Museum Live will happen on the 24th of March. Each event are unique, we work on proposing you each time a delightful programming !

Don’t forget to join us on Instagram @groupeartsession for your digital visits of the Centre Georges Pompidou !

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