« Marcel Duchamp. La peinture, même »

2_L.H.O.O

Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q., 1919
Readymade corrigé
Crayon sur carte postale, 19,7 x 12,4 cm
Collection particulière – Schwarz n°369

Le mardi 30 septembre, le groupe Art Session était invité à assister à la visite guidée de l’exposition « Marcel Duchamp. La peinture, même » par sa commissaire, Mme Cécile Debray. Le parcours s’articule autour de huit espaces, qui se suivent selon une logique chronologico-thématique.

Duchamp est principalement connu en tant qu’ « assembleur », pour son invention des ready-made. Le but de l’exposition n’est pas tant de le réhabiliter dans sa qualité de peintre « à part entière » que de nous faire comprendre que c’est notamment en explorant la technique picturale qu’il a pu concevoir le style qui lui est propre. Ainsi, lorsque dans les années 1905-1910 il entra au contact, conjointement, des oeuvres de Manet et du groupe des Fauves, il ne se contenta pas d’en reprendre les caractéristiques, mais préféra opérer une synthèse avec la peinture symboliste qu’il admirait pour sa capacité à dépasser le monde visible. De même quand il se mit à fréquenter le groupe des cubistes, il regardait parallèlement ce qui se passait du côté des dadaïstes et des futuristes. Avec Nu descendant un escalier, il provoqua alors son premier scandale : dès lors, il décida vraisemblablement de cesser de se reporter à des mouvements picturaux pré-établis pour forger, indépendamment, sa propre esthétique, qui relève autant de l’histoire de l’art que de l’ingénierie. L’histoire veut qu’en 1912, lors d’une visite au Salon de l’aéronautique, il ait eu une révélation à la vue d’une hélice d’avion : puisqu’un tel objet, purement fonctionnel, issu de l’industrie, pouvait atteindre une forme de beauté si parfaite, alors les arts plastiques traditionnels devenaient de fait caduques. C’est en effet le type d’idées qui sous-tendra toute sa production ultérieure, qui mêlera de façon caractéristique des figures et des phénomènes de la société humaine, à portée souvent mystique (avec une insistance notamment sur la figure de la Mariée), et divers systèmes mécaniques.

De multiples lectures s’offrent à nous : on peut voir dans les œuvres de Duchamp aussi bien une critique de l’industrialisation, qui déshumaniserait les hommes, qu’une critique de l’histoire de l’art, qui les sublimerait. Dans tous les cas, force est de reconnaître aujourd’hui, grâce à cette exposition, que la pratique de la peinture, technique traditionnelle de l’histoire de l’art, a bel et bien participé à lancer, directement comme indirectement, la révolution duchampienne.

Ottoline Mary

Ne manquez surtout pas cette expo !

et pour en savoir encore et épater vos amis  : http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Duchamp_peinture/

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